2014/03/20

Discours de Barah Mikaïl

Discours de Barah Mikaïl, Membre du Conseil Consultatif de l’Assemblée des Citoyens et Citoyennes de la Méditerranée (ACM) devant la délégation du Parlement Européen pour les relations avec les pays du Maghreb.

Bruxelles, le 20 mars 2014

Monsieur, le Président, Mesdames, Messieurs les députés, Mesdames et Messieurs,

Je tiens à remercier Monsieur Panzeri, président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec les pays du Maghreb, ainsi que les membres présents de la délégation pour leur invitation.

L’Assemblée des citoyennes et citoyens de la Méditerranée, que je mentionnerai par son acronyme ACM, est une initiative née initialement dans l’esprit de deux de ses fondateurs, Vicent Garcès et Françoise Macé, en 2008. Partant du constat selon lequel l’espace méditerranéen avait vocation à laisser s’exprimer une diversité de voix citoyennes, ils réussiront à se garantir le soutien de la Fondation Léopold Mayer, fondation humaniste de droit suisse basée à Paris. C’est ainsi que, à partir de 2010, l’ACM organisera, sur une base annuelle, une rencontre rassemblant près de 200 citoyens issus du bassin méditerranéen. Valence (2010), Tunis (2011), Volos (2012) et Istanbul (2013) ont pu accueillir l’une après l’autre un forum citoyen à travers lequel des personnes issues d’horizons divers et de tous les pays de la Méditerranée, dans un exercice de diplomatie citoyenne, ont pu débattre de leurs points de vue et ont pu mettre en perspective leurs visions pour le futur de leur espace. Il va sans dire que le « Printemps arabe » a pour sa part prouvé la pertinence de ce projet basé sur la foi en l’existence d’une citoyenneté méditerranéenne. La naissance de l’ACM a précédé les sursauts populaires du monde arabe, et la phase décisive que traverse actuellement le Moyen-Orient ne fait que donner plus de pertinence à la philosophie de ce projet.

L’ACM, qui fonctionne à travers une coordination formée du CERAI (Valence, Espagne), de l’université de Tirana (Albanie) et du Mouvement européen international (Bruxelles) que gère le MEDEA (Bruxelles) ne trouve cependant sens qu’à travers la citoyenneté méditerranéenne. C’est ainsi que, grâce à l’ACM, une trentaine de cercles citoyens ont vu jour dans plusieurs villes méditerranéennes. Ceux-ci permettent à des citoyens méditerranéens de se réunir, de discuter librement de leur vision de la Méditerranée, de faire des propositions et d’organiser des activités diverses. Leurs conclusions, et les projets concrets qu’ils conçoivent, sont notifiés à la Coordination. Celle-ci décide alors à quels projets il conviendrait de donner suite par l’apport de modalités concrètes de soutien. Ainsi, nous avons à ce jour soutenu des projets aussi variés que la Mostra Viva, un festival méditerranéen organisé par les membres du Cercle de Valence, et le Riscatto Mediterraneo, un événement livresque et de débats organisés par les membres du Cercle de Rome.

L’ACM bénéficie également de la reconnaissance d’institutions publiques méditerranéennes engagées sur le soutien à la société civile. L’ACM a signé des conventions-cadres avec l’Assemblée parlementaire méditerranéenne et avec Emuni, l’Université euro-méditerranéenne. S’ajoutent à cela les relations étroites qu’elle entretient avec la Fondation Anna Lindh ou l’IEMED par exemple.

L’ACM est particulièrement fière d’avoir apporté sa contribution à la réflexion sur la citoyenneté méditerranéenne en cette période de conflits traversant, voire menaçant parfois la stabilité de l’espace méditerranéen. C’est ainsi que depuis 2010 jusqu’à sa quatrième Assemblée organisée à Istanbul en novembre 2013, l’ACM a permis d’échanger un grand ensemble de points de vue sur la contribution des citoyens à la construction d’un espace régional basé avant tout sur la paix et le développement. Vous pouvez consulter le site internet de l’ACM, www.acimedit.net.

 En parallèle, l’ACM veille aussi à exprimer régulièrement son positionnement sur les crises et conflits les plus déterminants de la région. Ceux-ci ne se limitent pas aux seules zones en guerre dans le sens traditionnel du terme. La crise économique et financière, son impact sur les peuples méditerranéens, ou encore la crise de leadership politique à laquelle l’on assiste parfois tant dans le monde arabe que dans certains pays de l’Union européenne, sont également des sujets qui font partie des préoccupations des membres de l’ACM.

L’ACM se veut un outil efficace pour les revendications citoyennes méditerranéennes. Elle veille à le faire à travers l’expression de tous les points de vue prévalant dans l’espace méditerranéen. L’ACM tient en effet à sa vocation non partisane tant d’un point de vue idéologique que religieux ou politique. Le Conseil consultatif de l’ACM, organe intermédiaire faisant œuvre de boîte pensante pour l’ACM, est d’ailleurs un excellent reflet de cette distance dont est fière l’ACM. La trentaine de membres constituant ce Conseil proviennent en effet tous d’horizons idéologiques et professionnels différents. Ce Conseil est d’ailleurs amené à évoluer constamment, de manière à ce que ses membres représentent une diversité tant en termes d’affiliation nationale que pour ce qui relève de l’orientation de leur pensée ou de leur catégorie d’âge. Il faut en effet insister sur le fait que l’ACM est persuadée de ce qu’une évolution méditerranéenne saine ne peut se faire qu’avec la contribution de la jeunesse, véritable vecteur pour la définition de l’avenir de la région.

Il ne nous reste ainsi plus qu’à souligner que l’ACM, dans sa volonté de traiter des défis les plus parlants et les plus révélateurs pour l’espace méditerranéen, organisera sa prochaine rencontre citoyenne en novembre 2014 à Marseille sur le thème de la citoyenneté et de l’intégration en Méditerranée. Les quelque 200 citoyens méditerranéens qui y participeront, avec les institutions publiques euro-méditerranéennes, pourront traiter des défis et enjeux les plus déterminants. C’est d’ailleurs leur réflexion qui, tout en répondant à la vocation de représentativité citoyenne de l’ACM, aura aussi pour objet d’interpeller les décideurs publics soucieux de répondre aux besoins et préoccupations des citoyens.

Pour l’ACM, la citoyenneté méditerranéenne est un enjeu déterminant qui mérite l’attention et la participation de tout un chacun. C’est en ce sens que l’ACM apporte sa contribution à la construction d’un édifice dont l’ensemble des bases est encore loin d’avoir été posé. C’est là également que l’ACM souhaite vous interpeller, vous messieurs dames en tant que députés, mais au nom des citoyens engagés que vous êtes également, de manière à ce que votre potentiel, vos convictions, vos actions et votre influence aient leur rôle dans l’accompagnement des évolutions citoyennes méditerranéennes. Les temps sont décisifs en effet pour la préservation d’un bien-être commun en Méditerranée qui puisse faire œuvre de modèle dont nous serons tous fiers. Tous les efforts possibles sont requis et bienvenus pour ce projet. Nous savons en effet tous que la conscience citoyenne et le sentiment fort d’appartenance à un espace riche de par sa diversité est un fait auquel il serait malheureux de pouvoir déroger. Que la citoyenneté méditerranéenne se fasse ainsi par la contribution de vous tous, de nous, de tout un chacun, à chaque instant, à quelque lieu que ce soit.

Merci Mesdames et Messieurs pour votre attention.

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