febrero 1, 2013

L’enfermementdes étrangers sur les rives orientales de la Méditerranée

(Rapport Migeurop, publié sur www.migreurop.org)

 

L’Union  européenne  mène  depuis  plus  d’une  décennie  une  politique d’externalisation en confiant le contrôle de ses frontières à ses voisins de l’Est et du Sud. « Des Etats sont ainsi transformés en garde‐frontières d’un territoire de l’UE qu’ils aspirent à rejoindre (Ukraine) ou dont ils sont en partie dépendant (Maroc).»

Dans  ce  sens,  l’Union  européenne  a  conclu  depuis  1998  des accords  euro‐méditerranéens d’association avec 7 pays du Sud de la Méditerranée (Maroc, Algérie, Tunisie,  Egypte,  Israël,  Jordanie,  Liban).  Ces  accords  fixent  le  cadre  général  d’une coopération  entre  l’Union  Européenne  et  les  différents  pays  signataires  dans  les domaines économiques, culturels, sociaux et sécuritaires. Les questions migratoires, en  particulier  celles  liées  à  l’immigration  dite  illégale,  occupent  une  place prépondérante dans les accords conclus avec certains pays. A la lecture de l’Acte de décision  concernant  la  conclusion  d’un  accord  d’association  avec  Israël,  cette question n’est toutefois que très succinctement évoquée. En revanche, dans l’Acte de décision avec l’Egypte, Etat connu comme étant un pays d’émigration et de transit pour  les migrants  venus  d’Afrique  de  l’est, plusieurs  articles  sont  consacrés  aux migrations,  avec  comme  toile  de  fond  “la prévention et le contrôle de l’immigration illégale“. S’appuyant  sur  les  accords  d’associations  déjà  conclus,  la  Politique Européenne  de Voisinage (PEV)  est  venue  renforcée  par  le  biais  de  plan  d’actions bilatéraux signés avec Israël (2005) et l’Egypte (2007) la coopération en matière de lutte contre l’immigration clandestine. Si la lecture de ces actes de décision et autres Plans  d’actions ne  nous  apporte  pas d’informations  concrètes  sur  les  mesures adoptées  par  les  Etats  signataires  afin  de  lutter  contre  l’immigration  “illégale“,  on observe  depuis  le  milieu  des  années  2000  un  renforcement  incontestable  des contrôles  migratoires  aux  frontières  de  l’Europe,  fruits  de  la  politique  de “rapprochement“  initié  entre  l’Union  Européenne  et  ses  voisins  méditerranéens. Cette  politique  de  gestion  des  flux  migratoire  imposée  par  l’UE  à  ses  voisins méditerranéens a entraîné dans ces pays à ce que les migrants « clandestins » soient perçus comme un risque, une menace, capable de mettre en difficultés les relations engagées avec l’Europe.

Parallèlement  à  la  mise  en  place  d’initiatives  visant  à  lutter  contre  l’immigration “illégale“ aux frontières de l’Europe, on assiste à une augmentation significative du nombre  de  lieux  et  de  la  durée  d’enfermement  des  étrangers  en  situation “irrégulière“. Ce phénomène est observable aussi bien en Egypte qu’en  Israël. Pour limiter  le  nombre  d’arrivées  de  demandeurs  d’asile  à  ses  frontières,  le gouvernement  israélien  a  ainsi  adopté  en  janvier  2012  une  loi  autorisant l’enfermement pour une durée de 3 ans et sans jugement préalable de tout individu pénétrant  dans  le  pays sans  permission,  y  compris  les  demandeurs  d’asile,  les réfugiés statutaires et les mineurs.

En  Egypte,  les  étrangers  (et  plus  particulièrement  ceux  d’origine  sub‐saharienne) arrêtés  pour  des  motifs  relatifs  à  “l’irrégularité“  de  leur  présence  sur  le  territoire sont  enfermés,  le  temps  d’organiser  leur  expulsion.  Les  autorités  égyptiennes n’ayant  toujours  pas  adopté  de  durée  légale  de  rétention  administrative,  des centaines  de  migrants  languissent  dans  les  différentes  prisons  du  pays,  confinés depuis plusieurs années aux côtés de prisonniers de droit communs.

Enfermés,  maltraités,  torturés  physiquement  et  psychologiquement,  les  étrangers maintenus  dans  les  centres  de  rétention,  les  postes  de  police,  les  prisons  et  les camps militaires  d’Egypte et  d’Israël,  sont les  victimes  d’un  système  pernicieux  de mise  à  l’écart  des  indésirables,  en  partie impulsé  par  l’Union  européenne.  En confiant la gestion de ses frontières extérieures à des pays‐tiers sans se soucier des moyens utilisés par ces Etats pour “lutter contre l’immigration illégale“, l’UE est non seulement en partie responsable de tragédies humaines, mais elle bafoue également les principes fondateurs du droit d’asile.

 

Lire le rapport entier : www.migreurop.org

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